Revue n°100 - juin 2011

Montage de la couverture Claude Maury

Sommaire

  • Éditorial par Claude Maury
  • Les grands cornistes français : André Fournier par Jacques Adnet, Vincent Andrieux, Gilles Mahaud, Claude Maury
  • Historique de l'Association Française du Cor par Claude Maury
  • Auto-entrepreneur, un statut possible dans le domaine culturel depuis le 1er janvier 2009 par Françoise Moinard
  • Les grandes dames du cor : Marie-Luise Neunecker, un entretien avec Anne Cavillon
  • Un peu de physique... ou la rencontre de la science et du cor (2) par Minh Tâm Hua
  • Créations
    « Sic amicus amicum fugit », trio pour violon, cor et piano de Helena Winkelman
    « Hyperespace » pour quintette à vent (flûte, hautbois, clarinette, cor et basson) de Philippe Durand
    « Lettre à Jean-Paul Dessy » pour cor seul de Denis Bosse
    « Les sept nains » pour 4 cors et trio de jazz de Rodolphe Pierrepont
  • Bric à Brac
    On n'en a jamais fini
    Une étude bien intéressante
    Rencontre avec Pierre Rémy, ancien élève de Jean Devémy et Lucien Thévet
    Encore une belle lecture de Mahler
    « And the winner is… »
    Un timbre de la poste espagnole
    Quatuor de Gallay
    Les femmes et le cor, photos anciennes
    Applications iPhone – iPad – iPod
    Dernière minute
  • Jeux par Françoise Moinard
  • Nouveautés CDs par Claude Maury
  • Nouveautés partitions par Daniel Catalanotti et Claude Maury

 

 

Historique de l'Association Française du Cor

L'Association Nationale des Cornistes Français (A.N.C.F.)

Le 21 juin 1976, Daniel Bourgue, Georges Barboteu, Michel Cantin et Bernard Le Pogam fondaient une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901, ayant pour nom : « Association Nationale des Cornistes Français » (A.N.C.F.). Comme toute association de ce type en France, la loi oblige à en publier les statuts dans le Journal Officiel, et c'est ainsi qu'elle sera officialisée le 29 juin.

Daniel Bourgue

Par hasard, cette date du 21 juin deviendra quelques années plus tard la « Fête de la musique » : le 21 juin 1976, Joël Cohen (musicien américain travaillant pour France Musique) propose les « Saturnales de la musique » pour célébrer le solstice d'été. L'idée est reprise par Maurice Fleuret en 1982 et c'est sous son impulsion que Jack Lang lance la fête de la musique cette même année. Sachant que la fête de la musique est célébrée tous les 21 juin dans 110 pays répartis dans les cinq continents, c'est un peu l'Association française du cor qui est fêtée ce jour-là dans le monde entier.

Bien que Lucien Thévet avoue avoir eu l'idée d'une association de ce genre plusieurs années auparavant, il dit n'avoir rencontré que peu d'intérêt de la part de ses confrères. Il est effectivement toujours très difficile de fédérer les forces d'une confrérie où traîne parfois certaine incompréhension, scepticisme, voire jalousie. Néanmoins, en 1976, Daniel Bourgue étant au faîte de sa carrière, amène progressivement le monde du cor à se joindre à lui, aidé par les autres membres fondateurs.
 
Paradoxalement, pour chauvin qu'il peut être, le français n'en est pas moins critique de ce qui se passe dans son pays et tend souvent à dénigrer ce qui s'y fait. Au contraire d'un pays comme les États-Unis d'Amérique où le patriotisme, presque caricatural à nos yeux, est une qualité fondamentale, le français est beaucoup plus individualiste, ayant souvent tendance à critiquer et à se désolidariser de ce qui se fait autour de lui. Là où l'américain se fait un honneur de faire partie d'une communauté, d'un club, d'une association en tous genres, le français est réticent à faire partie d'un groupe officiel. Si le français pouvait croire au potentiel présent dans son pays, en l'occurrence à la qualité et à la diversité du monde du cor, il serait sans doute plus fier de faire partie d'une association qui se veut absente de tout clivage, à l'image de ce qu'en a voulu son fondateur Daniel Bourgue, où tout le monde est non seulement bienvenu mais écouté et respecté : petits et grands, élèves et professeurs, amateurs et professionnels.
 
 
Une association, c'est comme une charrette qui avance sur un chemin. Il y a ceux qui font avancer la charrette, conjuguant leurs efforts pour maintenir une bonne allure, éviter les cahots, les embûches. Il y a ceux qui suivent la charrette et ne participent pas directement à l'action mais s'y associent. Il y a ceux qui sont sur la charrette et se laissent transporter sans effort, en profitant du travail des autres. Il y a ceux qui la regardent passer sur le bord de la chaussée. Certains de ceux-là apportent leurs encouragements, d'autres sont indifférents. Il y a enfin ceux qui sont sur le bord de la route et mettent des bâtons dans les roues de la charrette pour l'empêcher d'avancer ou la détourner de son chemin. (René Perinelli, président de la Guilde Française des Trompettistes, 1980)
Au mois de décembre 1976, paraît la première revue du corniste, appelée plus simplement à l'époque « Bulletin n° 1 » à l'enseigne de l'Association Nationale des Cornistes Français.
L'article 5 des statuts stipule que l'association « se compose de membres actifs, de membres bienfaiteurs, de membres d'honneur et de membres fondateurs ». À ceux-ci s'ajoutent les présidents d'honneur, choisis parmi de grandes personnalités, qu'ils soient du monde du cor ou non. Georges Barboteu est le premier d'entre eux. En 1993 Lucien Thévet, puis André Fournier en 1996 viennent se joindre à lui suite au vote du Conseil d'Administration. La disparition de ces trois grands cornistes a laissé notre association orpheline de ses présidents d'honneurs, c'est pourquoi le Conseil d'Administration en a élu deux nouveaux en janvier 2011 : Daniel Bourgue et Michel Garcin-Marrou – ces derniers étant des personnalités représentatives du cor en France et à travers le monde.
En 1996, à cause d'un nom à trop forte connotation « nationaliste » l'A.N.C.F. change de nom pour prendre celui qui est le sien aujourd'hui : l'Association Française du Cor (A.F.C.). Néanmoins, jusque fin 2001, la mention « Association Nationale des Cornistes Français » sera maintenue entre parenthèses en dessous de « Association Française du Cor » dans la Revue du corniste.
Pendant 18 ans, Daniel Bourgue est resté président, toutefois sans arriver à éviter la critique d'être trop présent. Si certains se méprennent sur l'insistance du nom de Daniel Bourgue associé à l'A.N.C.F., c'est bien parce qu'il est celui sur qui la vie de l'association a reposé de nombreuses années ; sans lui peu de choses se seraient réalisées.
En 1994, Michel Garcin-Marrou prend sa succession, puis, ce sera au tour de Daniel Catalanotti de 2005 à 2010. Tous les trois font évoluer l'association, sans pour autant parvenir à résoudre un problème majeur, celui de recruter des adhérents et de les rendre plus actifs dans la vie associative. Il est très difficile de faire des statistiques, car les chiffres donnés au cours des années ne se basent pas tous sur les mêmes critères. En tous cas, début 1977, Daniel Bourgue donne le nombre de 155 adhérents, pour tourner autour des 300 début 2000, avec des hauts et des bas (nombres d'adhérents redescendu à 50 en 1996). En 2002, cela monte même jusqu'à 457, mais il n'est pas sûr que ce chiffre comptabilise seulement les membres à jour de cotisation : il faut dire que le travail du trésorier est parfois un véritable casse-tête à cause du retard incompréhensible dans le paiement des cotisations. À la lecture des éditoriaux de « La Revue du Corniste », on peut constater que ce problème est tristement récurrent – je m'en exprime à nouveau dans ce dernier éditorial. Il est toujours très difficile de mobiliser les gens autour d'une idée ou d'une passion, qu'ils soient cornistes ou non (voir encadré).
Les trois anciens présidents : Daniel Bourgue, Michel Garcin-Marrou et Daniel Catalanotti
Toutes les associations sont confrontées à ces mêmes embûches. Pour la France, de nombreux instruments sont réunis sous forme d'associations, et elles connaissent toutes plus ou moins les mêmes difficultés : l'alto, divisé en deux associations (l'Association Franco Européenne de l'Alto et Les amis de l'alto) ; l'Association Française du Violoncelle ; l'Association des bassistes et contrebassistes de France ; Traversières, l'Association Française de la Flûte ; l'Association Française du Hautbois ; l'Association Bassons et l'Association Française pour la percussion. Pour les cuivres, une association pour la trompette (Guilde Française des Trompettistes ) et une pour le trombone ont existé mais n'ont pas survécu ; quant à l'idée lancée en 1988 d'en créer une regroupant tous les cuivres, elle a avorté avant même de voir le jour. Parallèlement, d'autres associations françaises liées à notre instrument existent, comme l'Association des Collectionneurs d'Instruments de Musique à Vent (ACIMV), l'Académie Française pour l'Essor des Ensembles à Vent (AFEEV), la Confédération Française des Batteries-Fanfares (CFBF), la Fédération Internationale des Trompes de France (FITF) ou l'Union des Fanfares de France.
En dehors de nos frontières, certains ont fédéré les cornistes de leur pays et fonctionnent un peu comme nous :
International Horn Society créée en 1970, l'association internationale basée aux États-Unis
Horn Society en Afrique du Sud
Wiener Waldhorn Verein, la plus ancienne, créée en 1883 à Vienne, Autriche
Den Danske Valdhornklub au Danemark
Asociación Española de Amantes de la Trompa en Espagne
Suomen Käyrätorviklubin en Finlande
Il Club del Corno en Italie
Japan Horn Society au Japon
Nederlands Hoornisten Genootschap aux Pays-Bas
The British Horn Society au Royaume Uni
Svenska Hornsällskapet en Suède
D'autres pays encore, sans avoir des associations officielles, ont créé des contacts entre eux, tels qu'en Belgique, en Pologne ou encore au Portugal. On peut rêver qu'un jour notre propre association établissent des liens durables avec ces autres pays afin d'enrichir nos connaissances, en échangeant des articles pour notre revue ou en invitant des artistes pour nos congrès. Ce fut d'ailleurs dès l'origine une idée chère aux présidents successifs et exprimées dans les derniers statuts : pratiquer une politique d'échanges avec d'autres partenaires ayant le même objet au plan national, européen et international.
 

Les actions de l'A.F.C.

Les congrès

Les congrès, parfois appelés « colloques » par les anciens, ont souvent été rebaptisés « Prestige du Cor », pour camoufler un mot trop sérieux ne reflétant pas la fête autour du cor qu'ils étaient en réalité ; il s'agit d'un moyen de rencontre pour les cornistes qui peuvent échanger leurs idées par des concerts, des conférences, des ateliers, etc... Dès 1977 un premier congrès est organisé à Amiens avec beaucoup de succès. Ils se succèdent d'années en années, parfois couplés à d'autres manifestations (colloques de cuivres en 1979 et en 1987 à Chatenay-Malabry en banlieue parisienne, ou le prestigieux congrès de l'International Horn Society à Avignon en 1982). Il y eut aussi quelques ratés ; en effet, certaines années ne verront pas le congrès national de l'association. Heureusement, les forums, journées, ou autres rassemblements de cors ont lieu un peu partout, avec un caractère local, régional ou national et pallient parfois cette absence. De nombreuses années se sont succédées sans voir l'organisation d'un véritable congrès national, notamment entre 1987 et 2004. Depuis 2005, un rythme plus soutenu et presque annuel a été tenu.
Les congrès nationaux sont des manifestations très lourdes à mettre en place. Des organisateurs locaux, en contact avec les conservatoires et les institutions locales les mettent sur pied avec l'assentiment et le contrôle bienveillant de l'A.F.C., mais de nombreux problèmes empêchent parfois la réalisation de tels projets. Les subventions accordées ou non en sont bien sûr souvent la raison principale, la conjoncture actuelle n'étant pas favorable. Cette année, Reims a les cartes en main pour nous préparer un beau congrès, mais pour 2012 rien n'est encore confirmé. En revanche, plusieurs propositions ont été faites pour les années suivantes, notamment Lille en 2013 – déjà bien avancé dans son organisation.
Un congrès se prépare longtemps à l'avance et représente un travail énorme. Même en tenant compte du fait que tous les artistes invités sont bénévoles, il reste des frais incompressibles : les frais d'hébergement, de voyage étant bien entendu remboursés aux intervenants, le budget peut devenir conséquent. Viennent s'ajouter à cela les frais divers comme la location d'une salle, d'un orchestre, de matériel ou ou autres dépenses imprévues.
Depuis l'année dernière, l'A.F.C. organise un concours national dans le cadre de ses congrès. Il y a très longtemps que l'A.F.C. était attachée à ce projet, et cela avait déjà était fait par le passé – notamment à Perpignan en 1981 avec un concours international pour cor naturel. D'autres concours seront abandonnés, telle la deuxième édition du concours de Perpignan en 1985, ou le concours Jean Devémy pour quatuor de cors à Valenciennes prévu en 1987, repoussé en 1989, ainsi que le concours de cor naturel à Angers en 1992, souvent pour faute de moyens financiers. D'autres concours extérieurs dédiés au cor, aux cuivres ou aux vents ont pallié cette carence et ont été organisés non seulement hors congrès mais même souvent montés par des organisations n'ayant rien à voir avec l'A.F.C., le principal étant que cela existe. Notre association les a au moins toujours supportés et en a même souvent été le relais. Parmi ces derniers, citons les concours internationaux de Toulon (1980, 1986, 1992, 1998), Reims (1988), Vierzon (1988, 1989) et Trévoux (1998, 2000). La Ville de Marseille organise également un concours pour quintette à vent qui a lieu tous les deux ans depuis 1991.
Hors association également, mais pourquoi pas ne pas les citer puisqu'ils participent eux aussi à la vie du cor en France, il existe dans le pays deux festivals de cor importants et à caractère international : ce sont le Festival du cor d'Avignon (qui existe depuis 1997), ainsi que le festival biannuel de Lisieux, d'abord organisé à Vire en 2002, puis transféré à Lisieux depuis 2006.
 

L'aide aux projets

Parmi les autres actions de l'A.F.C., signalons une politique d'aide au projet depuis 2010, qui a pour but de soutenir financièrement la réalisation d'un projet artistique en direction de la formation, de la production ou de la diffusion, mettant en valeur les instruments et le répertoire de la famille des cors. Tout organisateur qui met sur pied de tels projets peut faire une demande de subvention qui est soumise à une commission semestrielle qui statue. Cette action est nouvelle et peu d'organisateurs ont pu actuellement en bénéficier. Citons néanmoins « The Mallet-Horn Jazzband ».
 

Création d'un fond sonore

Un autre projet de l'A.F.C. évoqué depuis longtemps, et qui malheureusement n'a pu aboutir pour le moment est la création d'un fond sonore constitué d'enregistrements anciens en collaboration avec la Bibliothèque Nationale de France (B.n.F.). Le dispositif légal (Loi Adopi 2) étant trop contraignant, le projet ne verra pas le jour sous cette forme, mais demande à être redéfini.
Panneaux d'exposition : Le cor à travers les âges
« Le cor à travers les âges » est un autre accomplissement de l'A.F.C. qui connaît un beau succès. Il s'agit d'une exposition itinérante réalisée à l'initiative de Daniel Catalanotti et réalisée par Bernard Le Pogam et Lionel Surin. Cette exposition consiste en une série de neuf pancartes représentant toutes les branches de la grande famille du cor : le cor des Alpes, le cor de chasse, le cor de poste, etc. C'est une vitrine formidable pour notre instrument et bien plus encore, un déclencheur de vocations partout où elle est présentée. Exposée lors des congrès et manifestations de l'Association, elle est surtout destinée à tous les conservatoires et écoles de musique qui en font la demande pour leurs manifestations autour du cor.
 

Internet

XXIe siècle oblige, Internet ne peut être oublié dans les moyens de communications mis à notre disposition. Un site internet a été créé en 2002, et a été pendant un moment un véritable lieu d'échange grâce à son forum. Malheureusement, certains propos échangés sur ce forum, mal contrôlés, ont amené le président à le fermer complètement. Après bien des débats, un nouveau site a été rouvert en 2008, mais n'a pas donné la satisfaction voulue et une refonte totale est prévue dans le courant de cette année. En attendant, une page Facebook existe avec les avantages et inconvénients que cela suppose. Néanmoins, c'est là que sont annoncées les dernières nouvelles qui ne peuvent pas toujours trouver place dans la lettre du corniste ou dans la revue.
 

La Revue du Corniste, histoire d'un bulletin d'information

Si vous avez aujourd'hui entre vos mains une belle revue en papier glacé et en couleurs, il n'en était pas de même à ses débuts, loin s'en faut. Tant le contenant que le contenu avaient cette couleur un peu rétro et pleine de charme qui nous rappelle qu'elles ont été conçues il y a 35 ans. À l'ère où l'ordinateur n'existait pas encore dans les foyers, il fallait tout taper à la machine et une mise en page digne de ce nom était pratiquement impossible à réaliser. L'impression n'était pas non plus ce qu'on pouvait qualifier de professionnelle avec nos critères d'aujourd'hui. N'oublions pas les progrès technologiques accomplis en 35 ans, d'autant qu'à l'époque, Daniel Bourgue portait le projet presque seul sur ses épaules et devait écrire lui-même la plus grande partie de la revue.
Au départ, la revue du corniste est présentée comme un simple « Bulletin d'information » comportant 26 pages. Pour le n° 1, la page de couverture est sobre, belle et immuable jusqu'au n° 6 ; elle reprend la gravure extraite de la méthode de Jacques-François Gallay. Jusqu'en juillet 1978, la couverture ne changera pas, hormis la couleur du papier. Dès le n° 7, non seulement « La Revue du Corniste » trouve son titre définitif, mais la couverture se voit ornée d'une photo qui change à chaque parution. Walter Bellagamba ouvre le bal et lui succèdent des photos et dessins divers jusqu'en mai 1991 où commence alors une longue série de couvertures pour la première fois en couleur avec cette peinture célèbre de Louis Carrogis, dit Carmontelle représentant le corniste Rodolphe. Cette série prendra fin en 1995 avec le n° 67, pour revenir à une sobre couverture noir et blanc, avec simplement une photo ou un dessin différent à chaque fois, encadrée sur un fond blanc.
Les différents changements des designs des revues : n° 1 (1997), n° 7 (1978), n° 68-69 (1996), n° 82-83 (2002), n° 88 (2005) et n° 100 (2011)
En 2002, commence une nouvelle série de couvertures avec une photo en pleine page, noir et blanc, puis sous la présidence de Daniel Catalanotti en 2005, on passe à la couverture couleur avec quelques pages intérieures également en couleur, puis dès le n° 89, c'est le tout en couleur. À partir du n° 93 (juin 2007), la forme définitive est fixée à 52 pages qui vont s'étoffer de plus en plus avec les mises en pages de Lionel Surin et de Muriel Lallé-Dumartin (n° 89 à 98). Avant eux, le travail de Fabrice Chollet avait déjà donné un aspect plus professionnel à la revue, mais il faut bien reconnaître que c'est Daniel Catalanotti qui en a fait ce qu'elle est aujourd'hui, une revue dont tous les cornistes peuvent être fiers.
En 2005, le logo de l'Association créé par Laure Chapalin est choisi à l'unanimité à l'assemblée générale pour orner la couverture ; ce dernier est revisité par François Vecchi-Müller en 2009 pour donner celui que vous connaissez maintenant.
Si dans le n° 1 Daniel Bourgue est presque le seul auteur à publier des articles, il est très vite rejoint dès le n° 3 (et jusqu'au n° 67), par Edmond Leloir qui alimente la revue de nombreux articles en tous genres, certes peu académiques, mais toujours pleins d'anecdotes et d'humour.
Des portraits de cornistes actuels ou anciens sont présentés régulièrement, de Gallay dans le 1er numéro à André Fournier dans cette centième revue, en passant par (presque) tous les grands d'hier et d'aujourd'hui : Rodolphe, Duvernoy, Thévet, Leloir, Devémy, Vuillermoz, Hampel, Dauprat, Meifred, Reine, Mohr, Brémond, Kling, Vivier, F. Strauss, Mengal, la famille Brain, Bujanovski, Höltzel, Farkas, Baumann, Barboteu, Bourgue, Courtinat et bien d'autres encore. Certes, il manque encore à cette galerie quelques figures de marque, notamment dans les français du XXe siècle comme : Pierre Del Vescovo, Gilbert Coursier, Jacques Adnet, ou encore André Gantiez, mais la série entamée dans ce numéro avec André Fournier devrait venir combler ces manques.
Durant de nombreuses années, malgré le dévouement de son président, « La Revue du Corniste » a bien du mal à remplir ses pages ; c'est sans doute pourquoi l'idée d'un annuaire est née. Régulièrement, à l'intérieur de la revue, et parfois même l'entièreté de la revue ou un numéro spécial est consacré à l'annuaire des adhérents. Même si c'est en même temps un moyen pour remplir la revue, l'idée n'est certes pas mauvaise, les cornistes pouvant ainsi avoir les coordonnées des uns et des autres. Malheureusement, les lois étant devenues plus sévères, il est actuellement plus difficile de réaliser la même chose puisque les données privées et plus spécialement celles concernant les mineurs sont soumises à des règles beaucoup plus strictes.
Dans chaque revue, on peut trouver des comptes-rendus des congrès, des articles sur des festivals et des concours, l'actualité des concerts, des stages d'été et des master-classes, sans oublier les nouveautés des enregistrements et des partitions qui sont ainsi présentés dans chaque revue.
Dès 1977, des lettres d'informations sont envoyées aux adhérents, mais fin 2002, sera décidée l'édition régulière de « La lettre du corniste » afin de servir de lien entre les revues. Ces lettres du corniste maintenant trimestrielles, évoluent elles aussi dans leur présentation et leur contenu, la dernière comptant même huit pages bien remplies. Dans un souci d'économie et d'écologie, cette lettre du corniste est envoyée par internet depuis 2009 à tous ceux possédant une adresse email, les autres la recevant toujours par la poste, mais en noir et blanc.
À ses débuts, la parution n'est pas fixe et le « Bulletin d'information » paraît à intervalles irréguliers. Néanmoins, après décembre 1976, paraissent trois numéros par an jusqu'en 1986. À la fin de cette année-là, est exprimé le souhait de passer à cinq parutions par an, mais seules les années 1987 et 1992 verront ce souhait réalisé, le rythme étant trop lourd à supporter pour une équipe de bénévoles. En 1996, le nombre de parution retombera à deux par an (trois en 2005, mais une seule en 2004 et en 2010), ce qui est toujours le rythme actuel. En 1996 et 2002, quelques numéros « doubles » ont vu le jour (68-69, 70-71, 82-83), comme pour essayer de maintenir un rythme de parution utopique, le travail demandé pour finaliser la revue étant trop lourd. Il suffit de relire les éditoriaux des revues passées pour se rendre compte que la régularité de parution a été depuis toujours un point sensible.
La revue est maintenant semestrielle, elle sort à date fixe en juin et en décembre... quand tout va bien. Le contenu privilégie les articles de fond, la « Lettre du corniste » assurant l'essentiel de l'actualité.
Espérons qu'avec la participation de tous, rassemblés sans distinction, notre Association Française du Cor puisse continuer à vivre et à s'épanouir.
 
Claude Maury